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Je suis semi-marathonienne ! youpiiiii

Ca y est, 22 mars 2009, je suis une semi-marathonienne. Finalement, le chiffre 2 me porte bonheur aujourd’hui. Car aujourd’hui, je fête aussi mon anniversaire de mariage et je porte le dossard 222.

Je ne suis pas une habituée des courses, en fait, ce n’est que ma deuxième. En octobre 2008, j’avais fait un 10 kms et j’avais envie d’essayer plus. C’est vrai quoi ? les autres filles du forum le font aussi, sans parler de Barbie qui aujourd’hui, fête une grande victoire puisqu’elle a réussi son challenge. Alors quoi, je peux bien tenter le semi non ? bon, elle, c’est une superwoman, se taper 7 marathons en 80 jours, c’est surement pas donné à tout le monde. Comment fait-elle ? je me poserai la question à plusieurs reprises durant ce semi.

C’est donc à Metz que je me suis essayée sur cette distance de 21.100 km (du coup, maintenant que j’ai parlé des marathons de Barbie, la distance paraît riquiqui).

On annonce un nouveau parcours en vue du marathon de Metz en 2010 avec passage dans la ville et devant les monuments. Ca semble chouette et on nous promet un beau soleil à la météo avec une température à la hausse. Des conditions idéales.


Réveil matinal puisqu’à 4 h 30, je regarde la première fois le réveil. Houlà là, faut que je me rendorme tout de suite. Mais non, pas moyen, je décide donc de me lever. Il est 5 h 40 quand je termine mon petit déj qui se résume à un café (sniff, un seul) et mes biscottes confiture. C’est sûr que pour le temps de digestion, je suis au top…


Il est 8 h 45 lorsqu’on arrive à Metz. Nous sommes à trois à faire le semi, ma nièce ainsi que son chéri. Elle a fait le plan d’entraînement avec moi et nous avons plus ou moins le même niveau, un petit chouïa mieux pour elle. Lui est plus fort, il compte terminer en 1 h 30, c’est son entraînement pour le marathon de Paris.


Il fait froid et le soleil attendu n’arrive pas. Nous arrivons aux Arènes et allons retirer les dossards. Cette fois, c’est du sérieux, il faut mettre une puce à sa chaussure. Je comprends alors que nous n’aurons pas à jouer des coudes sur le départ. En plus, mon mari, qui nous accompagne, nous annonce qu’il y a des ballons. Nous décidons d’essayer de suivre le ballon rouge, celui qui va courir pour les deux heures. Nous nous installons derrière lui et je commence à régler le Ipod pour le challenge organisé par Ken. Je n’ai pas l’habitude de l’engin, je ne cours quasiment jamais en musique et j’ai mon garmin. Je vois qu’il y a quelques femmes à ce ballon, certaines me sourient. On a tous le même objectif, deux heures.


Au fil du plan, l’objectif « de terminer » est passé de « 2 h 15 » puis à « 2 h 06 » puis « 2 h 00 ». Allons-nous regretter cette nouvelle perspective ?


Je n’entends pas le coup de feu mais je vois tout le monde s’agiter et je comprends que c’est parti. Je ne ressens pas la même émotion que la première fois. Nous collons le petit gars qui tient les deux ballons rouges. Nous sommes plusieurs à trouver qu’il a démarré vite mais nous suivons.


Première bonne nouvelle, ma douleur au mollet me laisse tranquille, je n’ai pas mal. Je regarde beaucoup moins mon garmin, je suis, c’est tout. Au bout de quelques minutes, nous arrivons centre ville, des spectateurs nous encouragent A cet instant, je sais que même si nous sommes plus de 2000 à courir, la plupart des gens qui nous regardent passer ne s’imaginent pas courir cette distance. Je suis prématurément fière de moi. Je cours, moi !


La première partie du semi est belle, nous passons de beaux quartiers, les routes sont pavées, je trouve que c’est un peu « casse-gueule » mai s pour l’instant, c’est facile. Je ne m’arrête pas aux ravitaillements, j’ai ma gourde, le ballon nous rattrapera bien. Pendant toute cette première partie, je suis à 90 % de ma FCM, je sais que j’avais ce chiffre là pour le 10 kms, ça m’inquiète un peu et j’ai des doutes. Vais-je tenir toute la distance. Ma FCM a-t-elle évoluée ? Je suis largement à + de 85 %, d’ailleurs, je ne peux pas discuter.


Quand je passe les 10, on annonce 55 minutes. Entre temps, je me suis éloignée du ballon après une petite montée qui m’a demandé un peu plus de récup. 55 minutes, c’est vraiment trop cool pour moi.


J’arrive à rattraper le ballon rouge mais déjà, il disparaît à nouveau.

Et puis, là, je ressens de petits coups de mous et parfois des moments de solitude. Le parcours me semble souvent monotone avec de longues lignes droites qui me semblent interminables et peu de spectateurs, un paysage sans intérêt et mon ballon rouge loin devant. Je me dis alors que je préfère les paysages plus naturels qui ressemblent plus à mes entraînements habituels en forêt.


Je désespère maintenant de rejoindre le ballon rouge que je n’aperçois plus (il a claqué…) Je ne vois plus ma nièce non plus.


Au 15ème, je décide de prendre un sucre car j’ai de plus en plus de coups de mou, avec parfois l’impression que je ne tiendrais pas le rythme. Je le mordille un peu. J’ai l’impression que ça repart.


Et comble du bonheur, j’aperçois mon petit gars du ballon rouge. Il est revenu un peu en arrière et je l’entends crier « allez les deux heures, on se colle, on s’accroche ! ». Sur le coup, il me fait l’effet qu’un marchand de légumes qui appâte les clients sur les marchés. Ca tombe bien, j’ai besoin d’un coup de pouce et il le sera. Ca descend un peu et je vois ici ma seule chance de rattraper le groupe de départ. J’accélère, j’en double, je suis trop contente, je retrouve du punch. Je double même le « ballon crevé ». Je suis devant lui. Pendant toute la fin du parcours, je vais me laisser bercer par ses mots « devant moi, moins de deux heures ! » ; « derrière moi, plus de deux heures ». Je suis sensiblement devant lui. C’est dur et je compte les kilomètres.


A un moment, je réalise que j’atteindrai mon but de deux heures et j’ai une réaction typique féminine ultra-sensible. Je me reprends vite fait car ça me bouffe un peu de ma respiration cette émotion et c’est pas le moment de flancher pour des conneries. Ce n’est « que » un 21 kms mais je crois que je ferais partie de celles qui pleurent à l’arrivée de leur premier marathon. En attendant, je ne me vois pas doubler la distance. C’est dur ! Le semi est déjà dur !


J’aperçois enfin l’arrivée. J’ai encore un peu d’énergie pour faire un petit sprint de quelques mètres. Je passe la ligne d’arrivée à un temps réel de 1 :59 :45. Je suis trop contente. Ma nièce arrive 3 minutes avant moi. Médaille, ravitaillement et un beau resto avec méga dessert, c’est la fête. Je suis semi-marathonienne.

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